Le rappel est souvent le premier exercice qu'on aimerait maîtriser, et le plus mal travaillé. La plupart des chiens qui "n'écoutent pas" n'ont en réalité jamais appris dans des conditions favorables. Voici comment construire un rappel solide, étape par étape.
Choisir un signal et le protéger
Le signal de rappel doit être unique, court, et associé uniquement à des choses positives. Si vous utilisez le prénom du chien à tous les sujets (gronder, appeler, prévenir), il perd son poids.
Choisissez un mot ou un sifflement réservé. Pendant les premières semaines, ce signal n'est utilisé que quand :
- Vous êtes certain que le chien va venir
- Vous avez quelque chose de très intéressant à offrir
- Vous n'allez pas l'utiliser pour interrompre une activité agréable
Plus vous protégez le signal au début, plus il sera fiable plus tard.
Travailler dans l'ordre, sans sauter d'étape
Un rappel solide se construit par paliers d'environnement et de distance. Trop de propriétaires testent leur jeune chien en forêt après deux séances à la maison, puis concluent que "ça ne marche pas".
- Étape 1 : dans une pièce calme, distance courte, peu de distractions
- Étape 2 : dans une autre pièce, puis dans le jardin
- Étape 3 : dans un parc peu fréquenté, en longe
- Étape 4 : en milieu plus stimulant (autres chiens à distance), toujours en longe
- Étape 5 : liberté progressive, dans des zones autorisées
Une longe de 5 à 10 mètres permet de travailler la distance sans risque. Tant que le chien n'a pas réussi 9 rappels sur 10 à une étape, n'avancez pas.
Récompenser comme il le mérite
Demandez-vous ce que votre chien préfère dans la vie : peut-être les croquettes, mais sans doute aussi le fromage, le jambon, un jouet à mâcher, ou le retour vers ses copains. Réservez le top de la récompense au rappel.
Un retour, même imparfait, doit être célébré. Voix joyeuse, friandise généreuse, courte caresse si le chien aime ça, puis on le relâche. Le rappel ne doit jamais marquer la fin de la fête : sinon, le chien apprend qu'obéir, c'est rentrer.
Les erreurs qui cassent le rappel
Plusieurs réflexes du quotidien sabotent le travail patient des semaines précédentes.
- Rappeler pour gronder ou punir : jamais
- Rappeler quand le chien est en plein jeu intense et qu'on sait qu'il va ignorer
- Répéter le signal trois fois quand il n'écoute pas, ce qui apprend qu'il a le choix
- Mettre la laisse systématiquement après le rappel : associe rappel et fin de liberté
Si le chien ne revient pas à la première demande, ne répétez pas. Avancez vers lui, récupérez-le calmement, et reprenez le travail un cran plus bas.
Le cas particulier des chiens de chasse
Certaines races, ou certains individus très sensibles aux stimuli (odeurs, gibier, autres chiens), demandent un travail plus long et parfois une vigilance permanente. Une longe en milieu rural, des balades en forêt en laisse longue, et une acceptation que la liberté totale ne sera peut-être pas toujours envisageable. Mieux vaut un chien en longue laisse heureux qu'un chien en liberté qu'on perd.
Quand demander de l'aide
Si malgré un travail régulier, votre chien fuit, met du temps à revenir, ou se met en danger, faites-vous accompagner par un éducateur. Quelques séances bien ciblées valent souvent mieux que des mois d'essais isolés.
Un bon rappel ne se montre pas en démonstration : il se vit au quotidien, dans le calme. Quand le chien revient sans même y penser, vous savez qu'il est solide.